On pourrait penser que toutes les histoires à raconter sur la Seconde Guerre mondiale l’auraient déjà été. Mais le nouveau film d’Anthony Maras fouille un épisode fascinant et peu connu concernant les préparatifs du jour J et les prévisions météorologiques cruciales qui détermineraient le succès ou l’échec de l’invasion. Avec une performance digne d’un prix d’Andrew Scott dans le rôle principal et de solides seconds rôles de Brendan Fraser, Kerry Condon et Chris Messina, Pression est à la hauteur de son titre avec sa montée en puissance experte d’une tension soutenue.
Basé sur une pièce de théâtre acclamée de David Haig, le film se déroule dans les 72 heures précédant le jour J. L’histoire commence avec l’arrivée au quartier général allié, dans le manoir historique de Southwick House, du XIXe siècle, du météorologue écossais, le Dr James Stagg (Scott), qui avait été chargé de diriger l’équipe de prévisions météorologiques pour l’invasion. Bien que fier de son nouveau poste, il n’est pas particulièrement content d’être ici, puisque sa femme enceinte, Liz (Tamsin Topolski) est sur le point d’accoucher.
Pression
L’essentiel
Les prévisions météorologiques constituent un thriller étonnamment palpitant.
Date de sortie: vendredi 29 mai
Casting: Andrew Scott, Brendan Fraser, Kerry Condon, Chris Messina, Damian Lewis
Directeur: Anthony Maras
Scénaristes: David Haig, Anthony Maras
Classé PG-13, 1 heure 40 minutes
Il n’est pas non plus satisfait de ce qu’il voit de l’opération actuellement dirigée par le météorologue américain Irving Krick (Messine), qui a déjà travaillé avec succès avec le général Eisenhower (Fraser) sur plusieurs opérations militaires. Stagg entre rapidement en conflit avec Krick, qui s’appuie pour ses prévisions sur les conditions météorologiques historiques glanées au fil des décennies. Stagg considère les données comme non pertinentes et s’appuie plutôt sur sa propre technique scientifique. Il contrarie également Eisenhower en lui disant que les prévisions à long terme ne sont pas fiables et que « tout ce qui dépasse 24 heures est une prévision à long terme ».
Eisenhower et son équipe de généraux, dont le fougueux Britannique Bernard « Monty » Montgomery (Damian Lewis, se penchant avec brio sur son tour venteux), ont planifié l’invasion pour le 5 juin 1944, date à laquelle Krick a donné sa bénédiction. Mais Stagg insiste sur le fait que le temps sera extrêmement pluvieux et venteux ce jour-là, ce qui entraînera l’échec de l’invasion. C’est une perspective qu’Eisenhower redoute, d’autant plus qu’il est émotionnellement traumatisé par son rôle dans la planification de l’exercice Tiger, une répétition de l’invasion qui s’est déroulée de manière désastreuse et a entraîné la mort de centaines de soldats.
Stagg recommande que l’invasion soit reportée de quelques semaines, mais maintenir le secret aussi longtemps s’avérerait pratiquement impossible. Le conflit de volontés qui en résulte entre Eisenhower, Krick et Stagg constitue le cœur du drame, avec l’assistante personnelle dévouée d’Ike, Kay Somersby (Condon) tentant de faire baisser le niveau de colère. Le film dépeint également la proximité entre Ike et Somersby, mais sans laisser entendre la prétendue liaison entre les deux.
Les origines scéniques du film sont évidentes dans le nombre minimal de décors et les longs échanges de dialogues, la plupart remplis d’un jargon météorologique dense. Mais Maras, à partir d’un scénario co-écrit avec le dramaturge, a fait un travail merveilleux en ouvrant l’action pour la rendre cinématographique, y compris en utilisant judicieusement des images d’archives de l’époque. Faisant tourner une flotte de 100 minutes, générique compris, le film s’avère convaincant tout au long même si l’on connaît évidemment le dénouement. Comme pour des films comme Tous les hommes du président et Apollon 13c’est la représentation du processus impliqué, sans jamais se sentir abrutissant, qui retient notre attention.
Dire que Scott donne une superbe performance est désormais redondant, mais il se surpasse ici, ne prenant pas la peine de rendre sympathique le piquant et officieux Stagg mais nous faisant néanmoins pleinement identifier à lui. La façon dont il révèle subtilement ses émotions profondes sans recourir à l’histrionique est une merveille, surtout dans une scène dans laquelle Stagg entend des nouvelles potentiellement dévastatrices au téléphone. Maras tient fermement la caméra sur l’acteur qui semble à peine réagir tout en posant tranquillement quelques brèves questions, mais l’angoisse qu’il exprime est palpable.
Fraser semble au premier abord mal interprété, ne ressemblant pas beaucoup à Eisenhower autre que sa tête rasée. Il semble également parfois trop émotif pour le commandant suprême des forces alliées, connu pour son tempérament contrôlé. Mais il est néanmoins efficace, transmettant avec émotion la pression à laquelle Ike était confronté à ce moment clé de la guerre.
Condon, projetant la même confiance assurée qu’elle avait en tant qu’ingénieur de course dans F1 : Le filmdonne au film un léger lest émotionnel, tandis que Messina fait son travail solide habituel en tant que météorologue qui finit par accepter le fait qu’il a été surclassé.
Le film précédent de Maras, Hôtel Bombayétait un thriller angoissant sur un siège terroriste réel. Il travaille évidemment de manière plus cérébrale ici, mais Pression n’en est pas moins fascinant.
