L’ACID, l’association parallèle du Festival de Cannes gérée par l’association française des réalisateurs dont l’objectif est de promouvoir la distribution en salles de films indépendants, a dévoilé mardi sa programmation 2026, la déléguée générale Pauline Ginot promettant une sélection de neuf films « aventureux » et « audacieux » de voix émergentes de pays comme l’Iran, la Suisse et, bien sûr, la France.
Lancé en 1992, l’ACID s’est bâti une réputation en matière de découverte de nouveaux talents de réalisateur. Il a notamment amené à Cannes les premiers longs métrages d’auteurs tels que Anatomie d’une chute la réalisatrice Justine Triet, qui a créé L’ère de la panique là, Radu Jude, qui a dévoilé La fille la plus heureuse du monde au programme en 2009, et Kaouther Ben Hania (La voix de Hind Rajab), qui a projeté son premier long métrage, La Lame de Tunis, à l’ACID en 2014. L’ACID a également défendu les premiers travaux de Guy Maddin, notamment Mon Winnipeg.
Plus de 600 films ont été soumis cette année pour l’une des neuf places convoitées du programme ACID, raconte Ginot. THR. « Nous les avons tous regardés et envoyons désormais des lettres à tout le monde », souligne-t-elle. « Et nous essayons de le faire avec quelques citations et réflexions du comité, pour que les gens sachent que leurs films ont été réellement regardés par d’autres cinéastes. Nous sommes une association et un syndicat de cinéastes, et les cinéastes ont l’habitude d’être rejetés et d’attendre une réponse, donc nous recevons beaucoup de retours de gens qui pensent que c’est incroyable que leur film ait été regardé » et ils ont reçu des commentaires.
Comme chaque année, il n’y avait pas assez de places pour tous les films passionnants. « Nous avons dû laisser beaucoup de très bons films [out]mais je suis presque sûr qu’ils trouveront une place », déclare Ginot.
«Nous aimons être aventureux», dit-elle THR. « ACID est un collectif de cinéastes qui soutiennent le cinéma indépendant et qui veulent faire preuve d’audace. Nous avons des films qui parfois ne sont pas parfaits, mais on peut dire qu’il y a un cinéaste qui a un avenir, et l’écosystème sera heureux de voir les autres films de ces gens. Et sans nous, ils n’auront peut-être pas d’avenir. Il n’y a pas de deuxième ou de troisième film, s’il n’y a pas de premier, même si ce premier n’est pas parfait. Nous sommes juste là pour aider les cinéastes et leur apporter une visibilité internationale. «
Deux films de la programmation ACID de cette année sont réalisés par des cinéastes nés en Iran, trois sont des documentaires, un est un hybride fiction-doc, et les sujets et thèmes explorés sont variés.
Le comité de programmation de cette année est composé des 13 cinéastes suivants : Valérie Bert, Anne Colson, Sylvain George, Martin Jauvat, Maxime Jean-Baptiste, Julien Meunier, Hélène Milano, Marion Naccache, Thomas Paulot, Philippe Petit, Déni Pitsaev, Paola Termine et Pamela Varela.
Découvrez la programmation complète d’ACID 2026 ci-dessousavec quelques idées et réflexions de Ginot.
Un cœur secret (Coeur Secret) de Tom Fontenille (85 Min – France – 2026)
Synopsis : « Ces quatre dernières années, Lilou a laissé derrière elle sa vie secrète pour devenir une femme de 64 ans qui aime bricoler, jardiner, faire du vélo et s’occuper de ses petits-enfants. En l’accompagnant dans sa transformation, j’ai filmé une famille pansant ses blessures et réinventant une place pour chacun. C’est ma famille, Lilou est mon père. »
« Un cœur secret », gracieuseté de 5A7 Films
Ginot raconte : « Nous commençons par une famille de quatre personnes dont la vie se déroule selon plusieurs scénarios : pleurant la mère, le père subit une révolution, entame une transition de genre, puis entraîne tout le monde avec lui. Un documentaire familial intime, on ne peut plus humble, qui se révèle aussi être un mélodrame et une épopée familiale. »
Blaise de Dimitri Planchon & Jean-Paul Guigue (82 Min – France – 2026)
Synopsis : « La famille Sauvage veut juste être aimée. Carole essaie d’améliorer sa mauvaise réputation auprès de ses employés, tandis que Jacques essaie de faire de même avec ses amis. Quant à leur fils Blaise, poliment, il s’apprête à se lancer dans une croisade révolutionnaire, violente et complètement impromptue pour une fille. »
Ce film d’animation est basé sur une bande dessinée ayant déjà reçu le traitement de série.
Ginot déclare : « Le film a une distribution de voix exceptionnelle [including Léa Drucker] et un dialogue vraiment pointu qui se moque de la bourgeoisie en plus. Tout le monde a une part de l’action, tandis que le film aborde de nombreux thèmes contemporains, notamment le consentement, les luttes de classes, les différences corporelles, la violence et tout le reste, mais surtout le besoin de se connecter et d’être validé.
Né sous une mauvaise étoile (Mauvaise ÉToile) de Lola Cambourieu & Yann Berlier (125 Min – France – 2026)
Synopsis : « Chaleur torride dans un quartier de banlieue du sud de la France. C’est la fête de fin d’année au club sportif local. Les oiseaux tombent de leurs nids, les incendies font rage et Kiki reste sous le charme de sa mauvaise étoile. »
Ginot déclare à propos du film d’ouverture de l’ACID : « Un premier long métrage très puissant qui suit Kiki, une étonnante figure féminine semblable à Wanda, à travers sa vie de famille et ses relations pendant 24 heures et adopte l’approche audacieuse de dépeindre le contrôle sans faire la leçon, sans expliquer et sans tenir la main du spectateur. »

« Né sous une mauvaise étoile », avec l’aimable autorisation de l’ACID
Dans La Gueule De L’ogre de Mahsa Karampour (86 Min – France – 2026)
Synopsis : « Je n’arrive pas à comprendre la vie aventureuse de mon frère Siavash, si loin de la mienne. Alors que je viens de devenir français et qu’il est sur le point de devenir américain, loin de notre Iran natal, nous cherchons un terrain d’entente. »

,Dans La Gueule De L’ogre’, avec l’aimable autorisation des Films du Bilboquet
Selon Ginot : « Un film qui nous fait réfléchir sur ce qui arrive à ces jeunes de la scène punk underground de Téhéran, une fois en exil. À travers cette histoire familière des Chiens Jaunes, le film en explore une autre, plus intime : l’expérience de l’exil, idéalisée mais rarement reconnue face aux épreuves de l’exil. »
Détention (La Détention) de Guillaume Massart (132 Min – France – 2026)
Synopsis : « Ouvrez une porte. Gérez une crise. Rédigez un rapport d’incident. À l’Académie des agents pénitentiaires de France, des centaines d’hommes et de femmes apprennent à devenir gardiens de prison. Leurs paroles commencent à refléter l’institution. Leurs mouvements s’aiguisent. Ce qui semblait autrefois incertain devient une routine. Le doute s’efface lentement de leurs visages. «

« Détention », gracieuseté de TS Productions
Selon Ginot : « Un grand film sur l’ordre et les normes, qui parle à toutes nos institutions et à la manière dont nous intériorisons ce qui est fait et ce qui ne l’est pas, ainsi que la relation avec l’autorité, partout. »
Vivre deux fois, mourir trois fois de Karim Lakzadeh (103 Min – Iran – 2026)
Synopsis : « Trois mineurs ayant survécu à l’effondrement d’une mine décident de cacher leur mort pour que leurs familles puissent réclamer réparation. Leur vie clandestine entraîne peu à peu de nouvelles crises : des tensions familiales, une envie de recommencer et une recherche d’identité qui les amène jusqu’à Téhéran. Pendant ce temps, les autorités iraniennes attendent les preuves de leur décès… »

« Vivre deux fois, mourir trois fois », gracieuseté de Repassfilm
Ginot raconte : « A la suite d’une explosion, vous avez trois hommes qui décident de faire semblant d’être morts pour que leur famille puisse toucher l’argent de l’assurance. C’est vraiment un film d’aventure qui traverse toutes les couches sociales iraniennes. Le film est aussi une déclaration d’amour au cinéma des années 70. »
Espaces promis de Ivan Marković (76 Min – France, Allemagne, Serbie, Cambodge – 2026)
Synopsis : « Insomniaque à cause de la chaleur, Sokun quitte son dortoir de construction bondé et rejoint une communauté de collègues vivant dans l’un des nombreux gratte-ciel inachevés. L’une de ces tours offre une maison de luxe tant attendue à son premier locataire, Seda, qui se sent bientôt piégé dans le vaste complexe fermé. «

« Espaces promis », gracieuseté de Bocalupo Films
Selon Ginot : « Ce film utilise un style documentaire, mais il s’agit en réalité d’une fiction. Le film explore la construction d’un complexe résidentiel moderne dans un Cambodge en pleine mutation. Il nous montre comment les paysages urbains sont aussi des paysages politiques où les relations de classes se concrétisent. Et le film est vraiment animé par une composition de plans extrêmement précise. »
Rembobiner Barcelone (Barça Zou) de Paul Nouhet (85 Min – France – 2026)
Synopsis : « Au cours de leur dix-huitième été, Emile, Paul, Hascoet et Leo se rendent à Barcelone, la Mecque du skateboard, pour leurs premières vacances ensemble. Dix ans plus tard, ils se rattrapent et se souviennent de ces jours. »

« Rewind Barcelona », gracieuseté des Films du Sursaut
Selon Ginot : « Le film raconte comment les souvenirs sont façonnés par une multitude de petits moments insignifiants. Et il s’agit d’être suspendu dans les limbes, de laisser l’enfance derrière soi, mais de ne pas encore entrer dans l’âge adulte, où tout et rien compte, et où les moments banals peuvent devenir déterminants. »
Dérive estivale (Virages) de Céline Carridroit & Aline Suter (89 Min – Suisse, France – 2026)
Synopsis : « C’est l’été à Genève. Johanna travaille sur la chaîne de montage d’une usine de montres de luxe et elle ne part pas en vacances. Alors qu’elle envisage de se débarrasser de sa vieille Coccinelle VW, elle décide plutôt de lui redonner vie et de se confronter au monde de la mécanique qui la rejetait autrefois. »

« Virages », gracieuseté de Cavale Films
Ginot déclare : « Johanna est un personnage très coloré et mémorable. Elle est plus Mad Max caractère que [anything else]. Le film se déroule à Genève, mais dans une scène underground genevoise qu’on ne voit jamais au cinéma.
