Une pétition française condamnant le magnat des médias de droite Vincent Bolloré a gagné un soutien international, avec des stars telles que Javier Bardem et Mark Ruffalo et les réalisateurs Yorgos Lanthimos et Ken Loach ajoutant leurs noms à une lettre ouverte dénonçant ce que les signataires décrivent comme « l’emprise d’extrême droite » de Bolloré sur l’industrie française.
Industriel milliardaire, Bolloré est le principal actionnaire du studio français Canal+, qui possède Studiocanal, la plus grande société de production et de distribution du pays. Canal+ est en train de tenter d’acquérir le contrôle total d’UGC, la troisième chaîne de cinéma française. La pétition accuse l’empire médiatique de Bolloré, y compris sa chaîne d’information CNews, de promouvoir des idées réactionnaires et d’extrême droite et qualifie le projet d’accord UGC d’équivalent d’une « prise de contrôle fasciste de l’imaginaire collectif ».
La pétition a été lancée la semaine dernière, à la veille du festival de Cannes, par quelque 600 professionnels du cinéma français, parmi lesquels les acteurs de renom Juliette Binoche, Adèle Haenel, Swann Arlaud et Damien Bonnard. Mais le nombre de signatures a explosé depuis et dépasse désormais les 3 500.
La pétition s’est renforcée suite aux propos tenus à Cannes par le PDG de Canal+, Maxime Saada. S’exprimant lors d’un déjeuner de producteurs le week-end dernier, Saada a essentiellement mis sur liste noire les signataires de la pétition, affirmant qu’il ne voulait pas travailler avec « des gens qui me traitent de crypto-fasciste ».
Les commentaires n’ont pas été bien accueillis. Tout au long du festival, le public cannois a manifesté sa désapprobation en huant le logo de Canal+ lors des projections de gala.
Les signataires de la pétition veulent tirer la sonnette d’alarme sur l’influence sans précédent que Bolloré gagne sur l’industrie cinématographique française. Ils craignent qu’il puisse utiliser cette influence pour avoir un impact sur les élections françaises de l’année prochaine, où le parti d’extrême droite du Rassemblement national (RN) devrait briguer la présidence. Lors d’une audition au Sénat en 2022, Bolloré a nié avoir utilisé son empire médiatique pour faire avancer un quelconque agenda politique ou idéologique, affirmant qu’il ne s’intéressait qu’à gagner de l’argent et à promouvoir le soft power français à l’étranger.
